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La Liberté guidant le peuple, Delacroix (B2) – Podcast #58

Dans cet épisode, découvrez La Liberté guidant le peuple, célèbre tableau d’Eugène Delacroix, et son contexte historique. Un contenu pour mieux comprendre cette œuvre majeure de la peinture française.

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Situation : Présentation et description d’une œuvre

Devenue un symbole universel de l’idée qu’elle représente, La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix (1798-1863) est sans doute l’une des œuvres les plus emblématiques du Louvre, après La Joconde. Ce tableau est une des représentations les plus célèbres de Marianne, symbolisant la Liberté en tant qu’allégorie de la République française. L’artiste s’inspire de l’idée de l’abbé Grégoire, homme politique et figure importante de la Révolution française, qui lie la Liberté à une figure féminine.

Lors des Trois Glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830, le peuple de Paris se révolte contre le roi Charles X. Ces journées de barricades et de violences urbaines aboutissent à l’établissement d’une monarchie constitutionnelle et au retour du drapeau tricolore. Dès octobre 1830, Eugène Delacroix décide de commémorer ces événements à travers une huile sur toile destinée au Salon d’avril 1831. Cette œuvre monumentale de 2,6 m de hauteur et de 3,25 m de largeur, est réalisée en seulement six mois et acquise par le gouvernement français pour la somme de 3 000 francs. Chef de file du romantisme, Delacroix a peint ce tableau pour deux raisons. Il souhaite effacer son échec au salon de 1827 et cherche à gagner les faveurs du pouvoir en place avec une œuvre d’art exprimant les idées libérales qu’il partage avec le nouveau roi des Français, Louis-Philippe Ier. Bien que Delacroix ne soit pas républicain, il aspire à une monarchie modérée qui respecte les libertés et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La scène de barricade se déroule à Paris comme en témoignent les tours de la cathédrale Notre-Dame que l’on aperçoit en arrière-plan. La peinture est plutôt sombre de par la présence d’une fumée probablement issue de tir de canon et des vêtements des protagonistes. La seule source de lumière provient du ciel et tombe sur la femme au centre dessinant une pyramide ce qui concentre le regard du spectateur sur ce personnage. La structure pyramidale de l’œuvre met l’accent sur la dynamique des combats offrant une scène de chaos et d’énergie et pourtant, cette pyramide donne une impression d’ordre.
Au premier plan, une foule d’émeutiers franchit une barricade au pied de laquelle gisent des soldats morts. À la tête de cette foule, ce n’est pas un homme, mais une femme à la poitrine dénudée incarnant non seulement, la mère qui nourrit la patrie mais aussi celle qui dirige tous les Hommes. Elle est coiffée d’un bonnet phrygien, évoquant la Révolution de 1789, porte une baïonnette et brandit un drapeau tricolore qui occupe le sommet de la pyramide. Les autres insurgés sont des archétypes sociaux. Par exemple, l’homme au chapeau haut-de-forme et à la redingote représente un bourgeois. À ses côtés se trouve un ouvrier, reconnaissable notamment grâce à son tablier, qui porte la cocarde blanche des monarchistes et le nœud de ruban rouge des libéraux. Le jeune garçon à droite portant une faluche, le béret des étudiants, symbolise la révolte de la jeunesse de Paris. Contrairement aux autres personnages, l’enfant ne regarde pas la femme à ses côtés mais tient le même rôle qu’elle, exhortant ses compagnons au combat. Il deviendra le personnage de Gavroche, que l’on découvrira trente ans plus tard dans Les Misérables de Victor Hugo.

Ce tableau, patriotique et politique, glorifie le peuple citoyen et illustre le dernier sursaut de l’Ancien Régime. Il symbolise la Liberté mais également une révolution picturale. Réaliste et novateur, il a reçu un accueil mitigé en 1831, la critique le jugeant trop cru et peu féminin. En effet, les poils sous l’aisselle de la femme et sa musculature ont pu en choquer certains. L’œuvre n’est réellement présentée au public qu’après la mort de Delacroix et intègre les collections du Louvre en 1874. Aujourd’hui, elle est devenue iconique et véhicule un message universel sur la lutte pour la liberté et l’égalité.

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