Dans cet épisode, découvrez la Francophonie, la place du français dans le monde et la diversité des pays et des cultures francophones. Un podcast de niveau B2 pour enrichir votre vocabulaire et améliorer votre compréhension orale.
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Situation : Écouter et comprendre une synthèse du rapport de l’OIF sur la langue française dans le monde
Tous les quatre ans, l’Organisation Internationale de la Francophonie publie un état des lieux de la langue française dans le monde. Créée en 1970 à Niamey, l’OIF rassemble 88 États et gouvernements, dont 7 associés et 27 observateurs. Cet ensemble représente 17,5% de la population et contribue à 16,6% du PIB mondial. Le dernier rapport, datant de 2022, donne des informations sur la réalité des usages du français et les chiffres précis sur son enseignement, sa présence dans l’économie, la culture, les médias et le numérique. Il insiste également sur les dangers du monolinguisme dans les institutions et les relations internationales.
Avec 321 millions de locuteurs, la langue française demeure la 5e langue la plus parlée au monde après l’anglais, le chinois, l’hindi et l’espagnol. Présente sur les cinq continents, elle reflète le pluriel du monde. Parmi ces 321 millions de francophones, on estime à 255 millions le nombre de locuteurs quotidiens dont plus de 60% se trouvent en Afrique. Ce nombre est en constante augmentation malgré un léger ralentissement. Dans les pays africains où le français est utilisé quotidiennement, cette langue est omniprésente sur le lieu de travail. En revanche, à la maison, son utilisation est moins fréquente. On note que la période coloniale n’a que faiblement contribué à la propagation du français parmi la population ; le niveau de francophonie a considérablement augmenté par la suite grâce à l’école.
Dans le monde, on compte 144 millions d’apprenants du ou en français. Cette langue est la principale langue de scolarisation dans 36 États ou gouvernements. Environ 93 millions d’élèves et d’étudiants suivent des cours en français, dont 54 millions en Afrique subsaharienne et dans l’océan Indien. Avec ses 51 millions d’apprenants, le français est également la deuxième langue étrangère enseignée. Les raisons professionnelles et les opportunités de mobilité internationale sont des facteurs de plus en plus importants dans le choix de cette langue. L’écrasante majorité des apprenants en français résident sur le continent africain, y compris dans des pays où il n’est pas langue officielle comme au Maghreb par exemple. L’Europe est en deuxième position avec la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg et Monaco. L’Amérique du Nord occupe la troisième place grâce au Québec et au Canada en général ainsi qu’à Haïti.
La Francophonie est présente dans les industries culturelles et créatives, représentant 3% du PIB mondial et 6% des emplois en 2021. TV5Monde, grand réseau audiovisuel, cible les francophones et francophiles avec sous-titrage multilingue, attirant plus de 80 millions de téléspectateurs par semaine. La littérature est incontestablement l’un des terreaux privilégiés pour l’épanouissement de la diversité culturelle francophone. En septembre 2021, à Tunis, ont eu lieu les premiers États généraux du livre en langue française ainsi que le Congrès des écrivains de langue française.
Le français est la quatrième langue d’Internet et la deuxième langue la plus cybermondialisée après l’anglais. L’évolution croissante du numérique et la montée en puissance de la « plateformisation » dans la distribution des contenus culturels posent de nouveaux défis en matière de diversité culturelle. Face au contrôle exercé par les plateformes internationales, notamment à travers les algorithmes, l’OIF vise à améliorer la « découvrabilité » des contenus francophones grâce à sa nouvelle stratégie pour la Francophonie numérique 2022-2026. L’organisation met en place des actions de plaidoyer, de sensibilisation et de formation pour tous les acteurs impliqués.
Bien que le français soit la deuxième langue des organisations internationales, seulement 4% à 12% des textes sont rédigés en français. Pour contrer les dangers du monolinguisme et promouvoir l’usage du français, la Francophonie a lancé un nouveau dispositif de veille, d’alerte et d’action pour défendre la langue française et le multilinguisme. En s’appuyant sur les ambassadeurs francophones, les diplomates de tous les pays membres, ainsi que sur des alliances avec d’autres groupes linguistiques, plusieurs organisations internationales et régionales telles que l’ONU, l’Union Africaine, l’UE, l’OMS et l’UNESCO considèrent le multilinguisme comme un pilier essentiel du multilatéralisme et un bien commun à préserver. Des déséquilibres significatifs favorisant l’anglais au détriment des autres langues officielles ou de travail sont constatés dans l’ensemble des activités de ces organisations, notamment dans les processus de recrutement, la communication externe et les appels d’offres ou de projets. Par exemple, à l’ONU, l’anglais demeure la langue principale pour le recrutement et la communication interne.
À l’Union Européenne, la situation n’est guère plus favorable au multilinguisme et depuis le Brexit, la prédominance de l’anglais au sein des institutions est perçue comme particulièrement injuste. De nombreuses critiques ont été formulées contre l’utilisation majoritaire d’une langue qui n’est désormais officielle, aux côtés des langues nationales, que dans deux pays membres : l’Irlande et Malte.
