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Le tourisme spatial (B2) – Podcast #25

Dans cet épisode, on parle du tourisme spatial et du développement des voyages touristiques dans l’espace. Un podcast de niveau B2 pour enrichir son vocabulaire sur les nouvelles technologies et les voyages, tout en améliorant sa compréhension orale en français.

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Situation : Exprimer son opinion sur le tourisme spatial en argumentant

Contempler la Terre depuis l’espace n’est plus un rêve inaccessible, du moins si vous en avez le budget ! Des nations tout comme des entreprises privées se lancent dans l’aventure du tourisme spatial. Si la Russie a fait figure de précurseur dans ce domaine, les vols spatiaux à but touristique sont aujourd’hui développés par trois milliardaires connus de tous : Elon Musk, Jeff Bezos et Richard Branson. Ce que l’on désigne sous le terme de “tourisme spatial” regroupe l’ensemble des expériences, entraînements et vols à sensations qui permettent à des personnes d’aller dans l’espace pour des motifs non professionnels.
Mais à l’heure où le monde connaît différentes crises, il est légitime de s’interroger sur les intentions et les sommes colossales investies derrière ces projets. Cette nouvelle course spatiale est-elle vraiment bénéfique à tous ?

Quand on pense au futur, on pense à l’espace comme en témoignent différentes œuvres littéraires et cinématographiques de science-fiction. L’espace fascine autant les scientifiques que les personnes lambdas mais ce sont aujourd’hui les milliardaires technophiles qui sont au cœur de cette nouvelle étape de la conquête spatiale. Le 11 juillet 2021, le patron de Virgin Galactic, Richard Branson, s’est envolé à bord du VSS Unity pour un vol suborbital de quatre-vingt-dix minutes. Quelques jours plus tard, c’était le tour de Jeff Bezos de s’élancer dans sa fusée Blue Origin. En réalisant leurs rêves, ces milliardaires relancent la course à l’espace tout en ayant chacun des projets et des motivations différents. Richard Branson souhaite démocratiser le vol spatial tandis que Jeff Bezos a pour objectif de délocaliser les industries lourdes sur la Lune et dans l’espace à long terme. Quant à Elon Musk, son projet est de commercialiser des vols vers la Lune, de créer un hôtel dans l’espace ou encore d’envoyer des hommes sur Mars. Par ailleurs, l’année 2023 devrait voir le premier vol civil de l’histoire autour de la Lune à bord du Starship de SpaceX, la société d’Elon Musk. Le milliardaire japonais Yusaku Maezawa, qui finance ce projet, partira pour un voyage de six jours, accompagné de huit artistes choisis par ses soins.
Ces initiatives privées mettent fin à l’omnipotence des agences spatiales étatiques et contribuent ainsi à faire avancer la recherche scientifique et technologique. De plus, elles sont et seront créatrices d’emplois à la fois dans l’ingénierie spatiale mais aussi dans le secteur du tourisme. SpaceX a notamment l’intention de transformer son site de lancement à Boca Chica au Texas en un spatioport et véritable complexe touristique.

Cette activité est cependant controversée. Si c’est un rêve pour certains, d’autres parlent d’aberration écologique, éthique et économique. La conquête spatiale nous a donné des outils technologiques comme les satellites qui nous permettent de nous rendre compte de l’urgence climatique et de la fragilité de notre planète. Même s’il est encore difficile d’évaluer l’impact écologique qu’engendrerait le tourisme spatial, les vols spatiaux récents nous permettent d’ores et déjà d’avoir quelques données sur la pollution liée à ces activités. À titre d’exemple, le vol de la navette Spaceship Two, de la société Virgin Galactic a représenté à lui seul une émission d’environ 27,2 tonnes de CO2, soit 4,5 tonnes de CO2 par personne, représentant plus de deux fois l’émission individuelle annuelle préconisée par les Accords de Paris.
D’après Philippe Droneau, directeur chargé de mission à la Cité de l’Espace de Toulouse, le tourisme spatial n’est ni viable à grande échelle ni souhaitable écologiquement et il s’inquiète également de l’absence de régulation. L’espace n’appartient théoriquement à personne conformément au traité de l’espace de 1967, mais la question de son exploitation reste floue et donne l’opportunité aux États de l’interpréter selon leurs propres objectifs.
L’exploration spatiale doit se faire dans l’intérêt et pour le bien de l’humanité, on peut donc se demander si cette exploitation commerciale de l’espace est réellement pour le bien de l’humanité. Le tourisme spatial est actuellement un loisir colossalement coûteux réservé à quelques privilégiés étant donné les prix des billets compris entre 250 000 et 35 millions de dollars par personne. On est loin de la démocratisation prônée. De plus, cela soulève un problème éthique quand cet argent pourrait financer des expéditions scientifiques plutôt que les lubies d’une poignée d’ultrariches. Dans le contexte actuel, ces projets peuvent apparaître indécents et plus comme une bataille d’ego que comme une véritable volonté philanthropique. Il est important de se rappeler que ce sont des entreprises privées qui sont à l’origine de ces vols et qu’elles cherchent également à faire des bénéfices.

Rêver de l’espace n’est pas une mauvaise chose en soi mais les réalités du monde dans lequel nous vivons doivent nous faire garder les pieds sur terre. Si le tourisme spatial est une activité de niche critiquée et critiquable, il faut cependant prendre conscience que son développement se fera sur des générations. Actuellement, il n’y a pas assez de moyens, d’infrastructures et de personnel pour un développement massif des vols spatiaux. Il faut espérer qu’avec l’évolution des réglementations et des mentalités, d’autres alternatives plus écologiques et éthiques verront le jour.

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