Dans cet épisode, on s’intéresse au surtourisme et à ses conséquences sur les villes, les habitants et les sites touristiques. Un podcast de niveau B2 pour enrichir son vocabulaire sur le tourisme et les questions de société, tout en améliorant sa compréhension orale en français.
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Situation : Exprimer son opinion sur le surtourisme en argumentant
Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, 95% des touristes mondiaux visiteraient moins de 5% des terres émergées. À l’échelle de la France, 80% des activités touristiques se concentrent sur 20% du pays.
Le tourisme de masse connaît une croissance exponentielle qui s’est intensifiée après la crise sanitaire et le confinement. Si cette reprise touristique est indéniablement un atout économique pour les pays visités, des effets néfastes sont également à déplorer. On parle de surtourisme pour désigner la saturation de certains sites touristiques. L’ampleur de ce phénomène pousse certaines villes à prendre des mesures pour réguler les flux touristiques et limiter l’impact sur l’environnement et la qualité de vie des riverains. Alors, entre nécessités économiques et dérives, comment encadrer l’afflux de touristes ?
Depuis quelques années, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les conséquences négatives de la surfréquentation des destinations touristiques les plus prisées. Une ville comme Venise, qui reçoit 30 millions de touristes chaque année alors que celle-ci ne compte que 55 000 Vénitiens, voit son patrimoine culturel et environnemental fortement menacé car les lieux ne sont pas adaptés pour recevoir un aussi grand nombre de visiteurs. Le surtourisme nuit également à la qualité de vie locale : rues et transports surchargés, nuisances sonores, plages bondées, disparition des commerces de proximité au profit des bars, restaurants et boutiques de souvenirs, prolifération d’hôtels et d’hébergements touristiques, gentrification ou encore pénurie de logements… Les dégâts sur l’environnement sont également à prendre en compte. De nombreuses associations tirent la sonnette d’alarme face à la destruction des écosystèmes et à la disparition de la biodiversité. En Thaïlande, par exemple, la célèbre plage de Maya Bay a été fermée par les autorités thaïlandaises pendant trois ans pour permettre aux récifs coralliens de se reformer.
Les réseaux sociaux mais aussi certains films et séries comme Lupin, Game of Thrones, ou encore des dramas coréens ont popularisé des lieux préservés jusqu’alors. Ces sites sont aujourd’hui pris d’assaut par des touristes désireux d’obtenir leur photo Instagram. C’est le cas de la petite station balnéaire normande d’Étretat qui se retrouve submergée par l’afflux de touristes suite au succès planétaire de la série Lupin sur Netflix. Les capacités de traitement des eaux et des déchets sont régulièrement dépassées dans cette commune située au milieu des falaises. Les sentiers sont saturés de promeneurs et menacés par l’érosion. Certains touristes se permettent également d’emporter des galets comme souvenir. Selon une estimation de 2019, en pleine saison, les visiteurs arrivent à enlever du littoral près de 400 kilos de galets par jour. En réaction à cette situation, les places de parking diminuent et les clôtures se multiplient.
Dans le cas de Venise, des mesures d’urgence ont été prises. Depuis 2019, les paquebots de croisière sont interdits dans le centre afin de préserver la lagune et les fondations de la cité. Depuis le début de 2023, les touristes doivent s’acquitter d’un droit d’entrée, allant de 3 à 10 euros par personne selon la saison, dans le but de décourager les visites durant les journées de haute fréquentation touristique. La municipalité de la cité fortifiée de Dubrovnik, en Croatie, a installé un compteur à l’entrée de la ville qui limite l’accès à 4000 visiteurs par jour pour préserver l’authenticité de la citadelle. Tout comme Dubrovnik, de plus en plus de sites touristiques instaurent des quotas de visiteurs.
L’autre grand problème est celui du logement. Pour lutter contre la pression immobilière liée au tourisme, des villes comme Amsterdam et Barcelone limitent par exemple la construction d’hôtels dans le centre-ville. Cependant, l’essor des plateformes de location de logements entre particuliers comme Airbnb reste difficile à contrôler.
Beaucoup de mesures prises paraissent dérisoires. La gestion de la surfréquentation et de ses effets néfastes est certe de la responsabilité des gouvernements et des autorités locales, mais les touristes doivent également remettre en question leur manière de voyager et de consommer. En outre, l’OMT s’inquiète de l’essor de la “tourismophobie”, c’est-à-dire un rejet des touristes, comme l’illustrent les manifestations des habitants de Barcelone en 2017. Une montée des critiques et des violences à l’égard des visiteurs est à craindre car ce phénomène est amené à perdurer. Voyager est essentiel à l’économie et à l’épanouissement personnel mais il est important, au vu des enjeux actuels, que chacun élargisse son catalogue de destinations.
